La légende de Taïta Osongo

La légende de Taïta Osongo de Joel Franz Rosell

De son propre aveu, l’écrivain cubain Joel Franz Rosell utilise l’imaginaire comme distance pour mieux aborder des thématiques plutôt adultes avec des enfants ; il s’agit ici de celle de l’esclavage.

Dans ce récit, Severo Blanco est un négrier sans foi ni loi qui nourrit l’ambition de devenir très riche, or « dans le port de la Havane qui au début du XIXe siècle était devenu l’un des plus actifs du Nouveau Monde, il n’ y avait qu’un négoce capable d’enrichir un marin : pas question de fruits exotiques ni d’épices rares, pas question de bois précieux ni de peausseries. Les hommes, c’est ce qui se vendait le mieux à cette époque, à la Havane et dans les autres ports de la Caraïbe : des hommes noirs, forts et sans liberté. En d’autres termes des esclaves venus d’ Afrique. »

Sa détermination les mènera lui et son équipage au terme d’un voyage épique à « Songoro Cosongo un pays privilégié d’Afrique ». Là Severo Blanco n’aura aucun scrupule à enlever les hommes de ce pays après que ceux- ci les ont lui et son équipage, secourus, accueillis, nourris, soignés et aidés à reconstruire leur navire. Le Roi sorcier et son fils seront également capturés au terme du premier combat qui opposera les deux ennemis légendaires.

A travers le récit des combats menés par Taïta Osongo, par son fils l’esclave Marron et par son petit-fils Léonel, l’auteur met très justement en exergue la lutte et l’insoumission des esclaves contre l’oppression de leurs maîtres. Pour moi, c’est ce qui en fait un très bon récit sur l’esclavage. Toutefois, ce livre est aussi un très beau conte plein de magie et de poésie qui initiera vos enfants dès l’âge de six ans à cette thématique .

Je suis certaine que les Africains avant l’arrivée des colons ressemblaient exactement à cette description : « les hommes savaient aimer la vie, jouir du travail et honorer la nature, et ils étaient bons, forts et sages. (…) Les hommes connaissaient le langage des animaux et avaient des rapports particuliers avec les plantes, de telle sorte que les premiers et les dernières obéissaient de bon grès à leurs désirs »
J’aime à croire qu’aujourd’hui encore demeurent des initiés qui ont gardé intactes toutes ces facultés et peut-être que quelques Taïta Osongo vivent encore retirés dans la Sierra Maestra et dans les forêts denses de l’Afrique.

Couv. La légende de TO

Ibis Rouge, 2004

2 commentaires


  1. Merci beaucoup. Qui mieux que les Africains et leurs descendants dans les anciennes colonies pour bien apprécier mon livre. Ce n’est pas étonnant qu’il ait bénéficié d’une édition brésilienne et deux à Cuba, entre autres…

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    1. merci à vous pour ce petit chef-d’œuvre, vous avez fait votre part dans le devoir de mémoire 🙂

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