Yacouba, chasseur africain

Yacouba, chasseur africain de Ahmadou Kourouma

Ce roman est la contribution du légendaire Ahmadou Kourouma, l’un des plus grands auteurs africains de langue française, à la littérature jeunesse.

La lecture de cet excellent ouvrage peut précéder un séjour en Afrique de nos enfants âgés de dix ans au moins. Dans ce récit, Mathieu un jeune lyonnais d’origine ivoirienne passe ses premières vacances à Abidjan chez son oncle et sa tante.

Le récit débute par le long voyage en avion et ensuite l’Afrique y est décrite de façon pertinente : « l’air chaud et étouffant », l’hospitalité et la convivialité africaines, la nourriture composée de « toutes différentes sortes de féculents qu’on assaisonne avec des produits locaux » toujours fortement pimentée, la circulation anarchique et grouillante, « le marché des feux rouges », « les vendeuses d’aliments chauds assises ou debout à côté de leurs marmites » , « le conte, la musique et la danse », etc.
On découvre le contraste entre le village, terreau de la tradition et univers magique hors du temps, et la ville d’Abidjan qui abrite « un monde moderne sans mythe ». On découvre aussi bien la vie luxueuse d’Africains privilégiés que la misère la plus âpre dans les quartiers d’habitations précaires où les gens n’ont ni eau ni électricité.

Mathieu arrive au pays au moment où doit débuter le kénai, c’est-à-dire les cérémonies initiatiques qui permettront à ceux de sa génération d’être initiés. Le Kénai est « une aventure mystérieuse qui change la vie du jeune initié » ; « au cours de laquelle les garçons et les filles sont scarifiés ».
Sa tante est opposée à cette pratique, parce qu’elle fait courir un danger mortel à ceux qui la subissent à cause des mauvaises conditions d’hygiène. Toutefois, elle ne peut pas s’opposer à celle de sa nièce Saly qu’elle élève car cette dernière est la fille de Yacouba le chasseur sorcier et guérisseur qui préside le kénai.

Le grand maître Yacouba usera de sa magie pour conduire les trois enfants au bois sacré afin qu’ils y soient initiés. Il se heurtera à l’opposition farouche de mamie Aïssata, leur grand-mère. Mais n’y voyons pas une remise en cause de la tradition car la vieille dame obéit avant tout à une prédiction funeste, sont but étant de déjouer le mauvais sort.
En utilisant le procédé de la focalisation interne, donnant la parole à Mathieu, Ahmadou Kourouma, adopte le regard d’un étranger qui découvre « la signification et les enjeux des rites initiatiques » en Afrique.

Couv. Yacouba

Editions Folio, 2011

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